PROGRAMMATION JANVIER 2010
Mexique, 1955, 1h30, VOSTF
Avec Ernesto Alonso, Miroslava Stern
Avec Ernesto Alonso, Miroslava Stern

Depuis son enfance, alors qu’une balle perdue a tué l’institutrice dont il souhaitait la mort, Archibald est persuadé qu’une boîte à musique exauce ses vœux les plus morbides, notamment ses projets criminels à l’égard des femmes qu’il désire...
« Réalisé au sein du cinéma commercial mexicain, ce diamant noir aux arêtes acérées prouve une fois de plus que Luis Buñuel n'avait pas fait une si mauvaise affaire en échouant à Mexico. En 55, un hollywoodien, ou a fortiori parisien, aurait refermé le script dès la deuxième page en se signant devant tant de perversité et en maudissant son auteur. Au Mexique, Buñuel pouvait tourner des films profondément personnels sans s'aliéner les faveurs du public, amateur d'humour très noir, et la confiance de ses commanditaires, qui en avaient vu d'autres. « Les grands cinéastes (surtout les inventeurs) n'ont qu'une idée. Fixe, elle leur permet de tenir la route et de la faire passer au milieu d'un paysage toujours nouveau et intéressant », écrivait Serge Daney. Du Mexique, le cinéaste de L'Age d'or envoyait ses films à ses vieux amis surréalistes restés à Paris comme autant de cartes postales pour les rassurer ; il n'avait pas changé. Après El, cette Vie criminelle est le second portrait d'un homme prêt à tout pour assouvir ses pulsions. Petit garçon, Archibald de la Cruz découvre le sexe en même temps que la mort. Quand il retrouve la boîte à musique de son enfance, il tente de retrouver la saveur de ce premier choc érotique en commettant un meurtre. Il n'y arrivera jamais. Sur cette trame, dont le freudisme basique n'est que le leurre le plus voyant, se déroule un éblouissant rêve éveillé.
De chausse-trappes en fausses pistes, le film résiste à l'interprétation comme les femmes se dérobent au désir de mort d'Archibald. En ressortant le ravoir du Chien andalou pour ce chef-d'œuvre d'ambiguïté farceuse, Buñuel adopte la même attitude que son personnage et démontre qu'un grand cinéaste ne guérit jamais de ses obsessions. »
Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles
« Comme dans Un chien andalou, où le visage de l'homme caressant les seins de la femme devenait celui d'un cadavre, Buñuel souligne la proximité de l'acte sexuel et de la mort. Proche de l'esthétique des films noirs américains et révélateur du fétichisme de Buñuel (le mannequin de cire perd une jambe comme Tristana perdra la sienne), le film révèle la culpabilité par intention, nourrie de catholicisme. Criminel en puissance, Archibald ne saurait, néanmoins, être coupable car, comme le fait dire Buñuel, non sans ironie, au commissaire de police, « la pensée n'est pas délinquante ». »
Xavier Lardoux, Télérama
« Réalisé au sein du cinéma commercial mexicain, ce diamant noir aux arêtes acérées prouve une fois de plus que Luis Buñuel n'avait pas fait une si mauvaise affaire en échouant à Mexico. En 55, un hollywoodien, ou a fortiori parisien, aurait refermé le script dès la deuxième page en se signant devant tant de perversité et en maudissant son auteur. Au Mexique, Buñuel pouvait tourner des films profondément personnels sans s'aliéner les faveurs du public, amateur d'humour très noir, et la confiance de ses commanditaires, qui en avaient vu d'autres. « Les grands cinéastes (surtout les inventeurs) n'ont qu'une idée. Fixe, elle leur permet de tenir la route et de la faire passer au milieu d'un paysage toujours nouveau et intéressant », écrivait Serge Daney. Du Mexique, le cinéaste de L'Age d'or envoyait ses films à ses vieux amis surréalistes restés à Paris comme autant de cartes postales pour les rassurer ; il n'avait pas changé. Après El, cette Vie criminelle est le second portrait d'un homme prêt à tout pour assouvir ses pulsions. Petit garçon, Archibald de la Cruz découvre le sexe en même temps que la mort. Quand il retrouve la boîte à musique de son enfance, il tente de retrouver la saveur de ce premier choc érotique en commettant un meurtre. Il n'y arrivera jamais. Sur cette trame, dont le freudisme basique n'est que le leurre le plus voyant, se déroule un éblouissant rêve éveillé.
De chausse-trappes en fausses pistes, le film résiste à l'interprétation comme les femmes se dérobent au désir de mort d'Archibald. En ressortant le ravoir du Chien andalou pour ce chef-d'œuvre d'ambiguïté farceuse, Buñuel adopte la même attitude que son personnage et démontre qu'un grand cinéaste ne guérit jamais de ses obsessions. »
Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles
« Comme dans Un chien andalou, où le visage de l'homme caressant les seins de la femme devenait celui d'un cadavre, Buñuel souligne la proximité de l'acte sexuel et de la mort. Proche de l'esthétique des films noirs américains et révélateur du fétichisme de Buñuel (le mannequin de cire perd une jambe comme Tristana perdra la sienne), le film révèle la culpabilité par intention, nourrie de catholicisme. Criminel en puissance, Archibald ne saurait, néanmoins, être coupable car, comme le fait dire Buñuel, non sans ironie, au commissaire de police, « la pensée n'est pas délinquante ». »
Xavier Lardoux, Télérama
SEANCES
Jeudi 28 janvier à 18h
Dimanche 31 janvier à 20h30
JEUDI 28 JANVIER 2010 • 18:00 • SÉANCE PRÉCÉDÉE DE UN CHIEN ANDALOU, PRÉSENTÉE PAR JOCELYNE BOURLIGUEUX, UNIVERSITÉ DE NANTES ET FRANÇOISE HEITZ, UNIVERSITÉ DE REIMS
Dimanche 31 janvier à 20h30
JEUDI 28 JANVIER 2010 • 18:00 • SÉANCE PRÉCÉDÉE DE UN CHIEN ANDALOU, PRÉSENTÉE PAR JOCELYNE BOURLIGUEUX, UNIVERSITÉ DE NANTES ET FRANÇOISE HEITZ, UNIVERSITÉ DE REIMS